Richard Wagner, Lohengrin

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Wagner, Lohengrin, Prélude de l’Acte 1

Des opéras de Wagner, Lohengrin est sans doute le plus populaire, peut-être parce que l’histoire, inspirée de la légende du Chevalier au Cygne, est simple et belle. Envoyé par le Graal pour sauver Elsa de Brabant de l’accusation d’avoir fait disparaître son jeune frère Godefroi, Lohengrin ne peut réussir sa tâche qu’à la condition qu’elle ne lui demande jamais qui il est, ni d’où il vient. Elsa, écoutant naïvement les insinuations de ses persécuteurs, transgresse cette condition en doutant de son noble protecteur. Celui-ci est alors obligé de la quitter tandis que son fidèle cygne se transforme en Godefroi, le frère d’Elsa qui la protégera désormais. Le jeune roi Louis II de Bavière fut très touché par cet opéra féerique; il fit construire plus tard un château tout droit sorti d’un conte de fées, qu’il nomma Neuschwanstein (“le nouveau rocher du cygne”). La scène d’ouverture de l’opéra de Wagner peut être interprétée comme une exhortation à peine voilée, adressée à un prince allemand, de réunifier l’Allemagne sous son drapeau. À partir de 1864, Wagner ne s’opposa pas à ce que la figure de ce prince anonyme devienne celle du jeune roi de Bavière car ce fut le mécénat de Louis II qui sauva Wagner de la faillite. Il donna à Wagner les moyens de construire une salle, le Palais des festivals de Bayreuth, et d’achever la composition, puis de monter son opéra L’Anneau du Nibelungen et de créer sa dernière œuvre, Parsifal.

L’opéra de Wagner, Lohengrin fut un succès immédiat. Plusieurs extraits sont devenus célèbres, dont les préludes des premier et troisième actes, l’air de Lohengrin “In fernem Land”, et le chœur nuptial, qui est joué traditionnellement lors des mariages en Occident, connu en général sous le nom de “Voici la mariée”. La marche nuptiale est très célèbre, seule celle de Felix Mendelssohn Bartholdy dans le troisième acte de son “Songe d’une nuit d’été” est encore plus connue.

Ce qui est remarquable dans Lohengrin, c’est le côté ésotérique, difficile à saisir. L’importance du Saint-Graal, dont le motif parcourt l’œuvre tout comme celui du questionnement interdit, apparaît dans une analyse assez peu connue que Wagner avait rédigée en 1860 à l’occasion d’une exécution de ce prélude à Paris. Voici comment Wagner analysait lui-même ce passage orchestral, destiné à fixer les lignes essentielles de son œuvre:

“Dès les premières mesures, l’âme du pieux solitaire qui attend le vase sacré plonge dans les espaces infinis. Il voit se former peu à peu une apparition étrange qui prend corps, une figure. Cette apparition se précise davantage, et la troupe miraculeuse des anges, portant au milieu d’eux la coupe sacrée, passe devant lui. Le saint cortège approche; il se dilate; d’ineffables aspirations s’éveillent en lui; il cède à une béatitude croissante, en se trouvant toujours plus rapproché de la lumineuse apparition, et quand enfin le Saint-Graal lui-même apparaît au milieu du cortège sacré, il s’abîme dans une adoration extatique, comme si le monde entier eût soudainement disparu. Cependant, le Saint-Graal répand ses bénédictions sur le saint en prière et le consacre son chevalier. Puis les flammes brûlantes adoucissent progressivement sa sainte allégresse, la troupe des anges, souriant à la terre qu’elle abandonne, regagne les célestes hauteurs. Elle a laissé le Saint-Graal à la garde des hommes purs, dans le cœur desquels la divine liqueur s’est répandue, et l’auguste troupe s’évanouit dans les profondeurs de l’espace, de la même manière qu’elle était sortie”. (Richard Wagner)

On peut remarquer qu’à plus d’un titre que Lohengrin réalise parfaitement la prophétie que fit l’écrivain romantique allemand Jean-Paul en 1813, l’année de naissance de Wagner:

“Jusqu’à présent, le Bon Dieu a toujours jeté le don de la poésie d’une main et celui de la musique de l’autre, et ceci à des êtres si éloignés l’un de l’autre que l’on est encore à attendre l’homme qui saura à la fois composer le livret et la musique d’un véritable opéra”.

Le Prélude de l’acte I a été composé en 1er mais est la dernière partie orchestrée. Il est composé pour trois flûtes, deux hautbois, un cor anglais, deux clarinettes et clarinette basse, trois bassons, quatre cors, trois trompettes, trois trombones, tuba basse, timbales, cymbales, et cordes (violons sont divisés en quatre solos et quatre sections égales).

Les premiers opéras de Richard Wagner ont bousculés les traditions de l’opéra romantique allemand et du grand opéra à la française. Sa carrière avançant, Wagner se conforte de plus en plus vers la réalisation de son idéal : un ‘’Gesamtkunstwerk’’, ouvrage de synthèse de nombreuses disciplines artistiques, notamment la musique, la littérature, les arts visuels, le ballet, l’architecture. Les opéras de la maturité de Wagner sont si distincts qu’ils sont souvent appelés non pas du tout opéras mais plutôt ‘’drames musicaux’’ appellation s’inscrivant tout droit dans une tentative de souligner la singularité de ses objectifs esthétiques. Néanmoins, Wagner lui-même ne était pas opposé à ce que l’on joue des pages de ses œuvres pour les présenter dans u contexte qui ne soit pas uniquement celui de l’opéra mais on se souvient qu’il s’opposa longuement à la présentation de la Chevauchée des Walkyries. Au cours de sa vie, il a lui-même dirigés des parties orchestrales extraites de ses opéras considérant qu’elles pouvaient être autonomes et c’est le cas du prélude de l’Acte I de Lohengrin.

À l’Hôtel Schwanen à Lucerne, il existe un dessin représentant dessin qui représente Wagner le 28 Août 1850, Wagner assis regardant silencieusement sa montre tout en imaginant Lohengrin, dirigé par Franz Liszt lors de la première mondiale à Weimar. Lorsque la partition de Lohengrin a été publiée, en 1852, il y a une longue dédicace à l’attention de Franz Liszt portant ces mots :

“A “Mon cher Liszt!” “C’est vous qui avez réveillé les lignes muettes de cette partition à la vie’’, écrit Wagner. “Sans votre rare amour pour moi, mon travail était allongé dans silence total, peut-être oublié, même par moi dans un tiroir d’un bureau à la maison.” (Richard Wagner)

Lohengrin signale la démarcation entre la phase précoce de la carrière de Wagner et la réalisation ultime de ses idéaux de la “Gesamtkunstwerk” dans ses opéras qui suivirent dans le milieu de ce siècle.

Le ton est donné dans le Prélude du Premier Acte Cette musique d’introduction commence et se termine avec des violons chatoyants élevé dans leur registre, encadrant un mouvement d’une insoutenable et délicate beauté. L’orchestration de Wagner est méticuleuse. Seuls les instruments aigus sont entendus dès le départ: la plupart des violons, avec une touche apportés par les flûtes et hautbois. Les violons, en fait, sont divisés de cette manière: quatre joueurs en solo, ainsi que le reste des violonistes également divisé en quatre parties, ce qui donne huit lignes séparées tout en jouant dans la lumineuse clé du la majeur. Le Prélude déroule sur un rythme lent et régulier, les cuivres ajoutent la puissance jusqu’au sommet de la partition avant que la musique se éloigne à nouveau dans un planant murmure.

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