Beethoven, Ouverture Coriolan Op.62

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Beethoven, Ouverture Coriolan

L’idée de composer une ouverture sur ce héros tragique a d’autant plus séduit Beethoven que cette Ouverture n’était pas censée être jouée avant la tragédie, mais devait être son équivalent: c’est dans cette perspective que la mention “zum Trauerspiel” a été rayée du manuscrit, manifestant que c’est bien là une œuvre autonome, qui se suffit à elle-même.

Beethoven procéda comme s’il avait à écrire une tragédie, en respectant les règles élaborées par Aristote dans la Poétique: l’unité d’objet se retrouve dans la forme et dans le matériau, tandis qu’il s’agit de mettre en scène les souffrances d’un individu qui court à sa propre perte. Cette Ouverture est donc d’un seul tenant, sans reprise de l’exposition pour ne pas briser la progression dramatique, sans changement de tempo, inscrite dans un espace symbolique délimité. Le matériau, caractérisé par l’opposition d’un rythme affirmé et régulier et d’une mélodie en valeurs égales et liées, est unifié par le principe de modulation qui assure à l’ensemble homogénéité par-delà la diversité. Et la tension interne au matériau de base correspond, comme dans toute tragédie, au point de crise “Höhepunkt”, ce moment de retournement de la situation dont Aristote a nommé les composantes successives: la “péripétie” et la “reconnaissance” qui mènent à “l’événement pathétique” (marqué par la désagrégation finale de la musique dans le Coriolan de Beethoven).

Beethoven a également mis en scène la souffrance en inscrivant son Ouverture sous le signe de la déchirure, du cri de détresse: il commence par un unisson fortissimo, multiplie les accords dissonants (produits par l’harmonie ou par la rencontre de timbres), utilise des coups de boutoir (sforzando, intervention des timbales, scansion régulière des vents) et rompt la continuité sonore par des silences abrupts. Ainsi, par la combinaison de différents éléments musicaux, Beethoven a donné une expression musicale à cette souffrance propre à la colère, tout en insistant sur la dramatisation de la décision par le recours au suspense et à l’irrésolution (suspensions harmoniques, écartèlement des registres, vide harmonique des longs unissons, syncopes).

L’écriture musicale de Beethoven mise en œuvre manifeste l’action inéluctable des forces contradictoires auxquelles l’homme est soumis, malgré sa lutte énergique qui est signe de sa liberté intérieure. L’action tragique est construite par le seul jeu des éléments musicaux.

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