Ludwig van Beethoven Intégrale des concertos

Ludwig van Beethoven Intégrale des concertos

Ludwig van Beethoven Intégrale des concertos

Vol.I: Concertos pour piano

Ludwig van Beethoven Concerto pour piano No1 Op.15

  • Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano No1 en Ut majeur Op.15

Composition : 1795 – Création : 1841

Ce Concerto fut composé en 1795, revu en 1796, achevé en 1798, et prêt à graver après les retouches portées à la partie soliste sur le manuscrit ayant servi au Concert du 2 avril 1800: Beethoven remit une copie de la partie soliste, ainsi que le matériel d’orchestre, à l’éditeur Tranquillo Mollo, en décembre 1800. La première exécution de ce Concerto eut lieu, dans une première version, le 29 mars 1795 lors d’un concert donné par la Tonkünstler Societät (Société des Artistes musiciens) au Théâtre de la Cour. Ce Concerto aurait été rejoué par Beethoven, dans sa première version, lors du concert donné au bénéfice des cousins Andreas et Bernhard Romberg (des amis de Bonn) à Vienne le 29 ou le 30 décembre 1796. Beethoven l’aurait rejoué dans une version remaniée à Prague en octobre 1798 dans la Salle du Konvikt (si l’on en croit le récit de Wenzel Tomaschek inséré dans son autobiographie écrite en 1845); puis il fut joué, toujours par Beethoven, dans la version définitive (mais avec d’autres cadences que celles qui seront écrites, et publiées en 1864 pour un instrument aux possibilités technique plus larges) le 2 avril 1800, lors du premier Concert donné à son bénéfice au Théâtre de la Cour (l’annonce de ce concert fut publiée dans la Wiener Zeitung du 26 mars 1800, le programme comprenait une Symphonie de Mozart, deux extraits de la Création de Haydn, un Concerto pour piano de Beethoven, le Septuor Op.20, la Symphonie Op.21 et une libre improvisation). Beethoven retravailla à plusieurs reprises ce Concerto, comme il le fit pour le 2ème Concerto Op.19, à la fois pour trouver l’adéquation avec le résultat qu’il voulait obtenir et pour interpréter les éléments nouveaux que l’improvisation en concert lui avait fait découvrir. En proposant ses Concertos à ses éditeurs, Beethoven invoquait sa “politique musicale” pour justifier le fait qu’il ne s’agissait pas d’œuvres nouvelles, mais de compositions anciennes déjà exécutées en public à plusieurs reprises: Beethoven signifiait ainsi qu’il devait se constituer un répertoire de soliste virtuose qui le rende inégalable.

Ludwig van Beethoven Concerto pour piano No2

  • Ludwig van Beethoven pour piano No2 en si bémol majeur Op.19

Composition : 1794 – Création : 1795

Ce Concerto est le résultat d’une longue élaboration qui dura plus de dix ans, exemple de jonction entre les dernières années de Beethoven à Bonn et les premières années de Vienne.

Une première version fut sans doute terminée vers 1790 pour être jouée à Bonn, première version déjà deux ou trois fois remaniée d’après les esquisses. Ce Concerto fut retravaillé plusieurs fois ensuite à Vienne: en 1793, puis en 1794-1795 pour la première version avec un nouveau Finale. En 1798, une nouvelle version (la quatrième, établie pour un concert à Prague en octobre 1798, après le succès du Concerto en ut majeur Op.15) servit à la version définitive publiée en 1801 (comme le 2ème Concerto, ce qui occultait le premier Concerto en mi bémol majeur composé à Bonn en 1784, WoO 4).

La date de création n’est pas certaine: il semble que le 29 mars 1795, le Concerto exécuté, “nouveau”, ait été plutôt l’Op.15. Il a dû être joué à Prague, puis à Vienne en octobre 1798.

L’intérêt de Beethoven pour ce genre (que Mozart avait rendu insurpassable) s’est manifesté dès ses dernières années à Bonn, et pendant ses premières années à Vienne. Conscient de ses capacités de pianiste virtuose, Beethoven pouvait se faire connaître, et reconnaître, en jouant lui-même ce genre d’œuvres qui combine l’écriture pour orchestre à celle pour soliste et qui s’adresse à un public de concert moins cultivé que le public des mélomanes présents dans les salons. Soucieux de faire preuve d’originalité et conscient des imperfections des premières mises en forme, Beethoven ne cessa de modifier la partition de ses Concertos, d’abord pour les concerts qu’il donna en 1795 (29 mars et 18 décembre) et en 1798 (à Prague, sans doute en octobre, puis à Vienne le 27 ou 29? octobre ), puis en vue de la publication de ce Concerto qu’il proposa avec trois autres œuvres (Le Septuor Op.20la 1ère Symphonie Op.21 et la Grande sonate Op.22) à Hoffmeister (qui le publia en décembre 1801).

Sa lettre du 22 avril 1801 à l’éditeur Hoffmeister de Leipzig témoigne du travail de réécriture, in extremis, de Beethoven:

“Pour le concerto, la partie de piano, selon mon habitude, n’était pas écrite dans la partition, je viens seulement de l’écrire; aussi, en raison de cette hâte, la recevez-vous de ma propre écriture qui n’est pas trop lisible.” (Ludwig van Beethoven)

Ludwig van Beethoven Concerto pour piano No3 Op.37

  • Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano No3 en ut mineur Op.37

Composition : 1800 – Création : 1803

L’idée de ce Concerto est née au cours de la grande tournée de concerts effectuée par Beethoven en 1796 (à Prague, Dresde, Leipzig et à Berlin). Beethoven semble que ce soit après un concert donné en mai ou juin 1796, à Berlin, que Beethoven ait noté l’idée: “Pour le Concerto en ut mineur timbales à la cadence”, et qu’il ait pensé à un Rondo. L’idée du motif de timbale est reprise un peu plus tard dans des esquisses: ce motif constitue le matériau de base du premier mouvement.

Après ces premières idées, Beethoven esquissa le Concerto au cours de l’année 1799, et commença à le composer en 1800 en perspective du concert du 2 avril. Mais Beethoven n’eut pas le temps de l’achever (il a donc joué le Concerto en ut majeur Op.15). Beethoven le reprit pour un concert projeté en avril 1802, mais qui n’eut pas lieu, si bien que la partie d’orchestre ne fut terminée que pour le concert du 5 avril 1803, donné par et pour Beethoven au Theater an der Wien. La partie de soliste ne fut définitivement écrite que pour le concert donné par Ries le 19 juillet 1804, lors d’un des concerts organisés par Schuppanzigh à Vienne dans les jardins de l’Augarten (avant l’édition du Concerto).

La Cadence du premier mouvement fut écrite vraisemblablement en 1809 pour l’archiduc Rodolphe.

Alors qu’il prévoyait de jouer un nouveau Concerto pour sa première “académie” à Vienne, le 2 avril 1800, Beethoven fut obligé d’en jouer un ancien dans une version améliorée (L’Op.15) vraisemblablement, dans sa seconde version, et Beethoven n’eut l’occasion de jouer son nouveau Concerto qu’en 1803, qu’il ne donna à graver qu’au cours de l’été 1804 (même s’il avait prévu de le faire éditer avant, comme les lettres de Kaspar Karl à différents éditeurs en témoignent). Si composer un Concerto était directement lié à son exécution en public, l’analyse de l’écart entre les esquisses et la version définitive montre que, pour ce Troisième Concerto, le compositeur prit le pas sur le virtuose: alors qu’il existe quatre versions pour le Concerto en si bémol majeur Op.19 et deux pour le Concerto en ut majeur Op.15, il n’y en a qu’une pour ce Concerto en ut mineur Op.37. Toutefois, ce n’est qu’une année après l’achèvement de la partie d’orchestre en 1804, que Beethoven établit presque définitivement la partie du soliste, pour que son élève Ferdinand Ries puisse jouer ce Concerto en public ce qui signifie que Beethoven avait sans doute largement improvisé lors du concert du 5 avril 1803 au Theater an der Wien, le chef d’orchestre Ignaz Xaver Seyfried raconta que la partition de Beethoven n’était faite que de pages blanches; le concert avait été si périlleux que Beethoven prit la peine de remercier Seyfried dès qu’il en eut le temps.

Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano No4

  • Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano N°4 en sol majeur Op.58

Composition : 1805 – Création : 1807

Entre 1805 et 1806 (il n’est pas fini quand Beethoven le propose à Breitkopf & Härtel, le 5 juillet 1806), commencé donc pendant que Beethoven travaillait à son opéra (il y a peut-être déjà pensé au moment où il travaillait à la Symphonie Eroica, en 1803). La première exécution de ce Concerto eut lieu en mars 1807 à Vienne lors d’un des deux concerts par souscription organisés pour les œuvres de Beethoven dans le palais du prince Lobkowitz; le compositeur tenait la partie de soliste – le même jour furent créées la 4ème Symphonie et l’Ouverture de Coriolan. Ce Concerto fut exécuté ensuite, le jour du concert public du 22 décembre 1808, au Theater an der Wien, Beethoven tenant la partie de piano.

Le désir de composer un nouveau concerto s’imposa à Beethoven, le 3ème Concerto Op.37 juste achevé (en juin/juillet 1804). Sa genèse est intimement liée à celle de la 5ème Symphonie en ut mineur, et elle est contemporaine de la composition de Leonore comme de la relation d’amour de Beethoven avec Josephine, comtesse Deym, née Brunsvik. Ainsi, des œuvres de genres différents semblent procéder d’une même idée musicale (un rythme tout simple, par exemple) et une configuration musicale pensée pour une œuvre peut être déplacée vers un autre genre, dans un autre contexte. Cette dynamique de la pensée qui caractérise le processus créateur de Beethoven est encore présente lors de la composition des œuvres (après le choix de leur individualisation) pour en faire quelque chose de “ganz neu”, comme en témoigne l’écriture de ce Concerto dans lequel se trouvent plusieurs fois des gestes hardis, à l’image de ceux de Leonore qui ose transgresser les normes établies pour arriver à ses fins: libérer l’homme qu’elle aime. Si le personnage de Leonore se retrouve, pour ainsi dire, dans les audaces d’écriture, la tension qui forme l’intrigue de l’opéra est également transposée dans le Concerto par la référence implicite à la scène des Furies de l’Orfeo de Gluck, référence qui fonctionne selon Beethoven comme une métaphore de la quête de l’être aimé qu’il ne faut pas hésiter à aller rechercher au plus profond de l’enfer, entreprise risquée qui peut se terminer par un drame mais à laquelle il est impossible de renoncer.

Les relations musicales entre ce Concerto et l’opéra de Beethoven seront encore plus évidentes dans la version de 1814, quand Leonore, dans son nouveau récitatif, évoque l’arc-en-ciel qui déchire les nuages sur un thème proche du premier thème du Concerto et quand Florestan, à la fin de son air, tombe épuisé, accompagné par un orchestre proche de celui de la fin du deuxième mouvement du Concerto. L’évocation par Beethoven de l’Orfeo de Gluck à ce moment de sa vie peut être associée au choix de mettre en musique An die Hoffnung, poème de Tiedge qui évoque l’espoir de retrouver la bien-aimée disparue… Lied justement offert par Beethoven à Josephine en mars 1805 comme si le mythe d’Orphée (dont Beethoven ne parle jamais, mais qu’il connaissait, ne serait-ce que par l’opéra réformateur de Gluck) correspondait à sa problématique inconsciente, cristallisée autour du désir de Beethoven de retrouver une femme aimée à jamais disparue, ou tout au moins inaccessible (car de l’ordre de l’idéal).

Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano  No5 “L’Empereur”

  • Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano No5 en mi bémol majeur Op.73 “L’Empereur”

Composition : 1808 – Création : 1811

Une édition corrigée parut en mai 1811 prenant en compte la liste des corrections signalées par Beethoven. La partition fut éditée en mars 1857 par Breitkopf & Härtel

Cinquième Concerto pour piano en mi bémol majeur le nom “L’Empereur” attribué à cette œuvre est apocryphe.

Ce Concerto fut envisagé à la fin de l’année 1808, au moment de la composition de la Fantaisie Op.80, et terminé avant cet Op.80, au cours de l’année 1809 (Beethoven a probablement commencé son manuscrit autographe en mars 1809-le début du deuxième mouvement étant noté au moment de la déclaration de guerre de l’Autriche à Napoléon en avril 1809, les esquisses précédant de peu la mise au propre du manuscrit). La partition définitive ne fut établie, pour l’éditeur Breitkopf & Härtel, qu’au cours de l’été 1810. Il fut sans doute exécuté pour la première fois le 28 novembre 1811 à Leipzig lors du septième concert du Gewandhaus (c’est la première fois que Beethoven n’a pas créé son nouveau Concerto: sa surdité ne lui permettait plus de jouer en concert devant un large public).

Beethoven eut l’idée de ce nouveau Concerto au moment où il préparait le grand concert du 22 décembre 1808: les premières esquisses, qui portent sur le thème principal du premier mouvement, se trouvent à la fin des esquisses pour la Fantaisie Op.80 (à la suite des recherches de l’allure que pourrait avoir l’introduction): après des motifs rejetés apparaissent des esquisses proches de ce qui sera retenu comme thème pour le premier mouvement. Les esquisses suivantes (dont il manque certainement des étapes intermédiaires) ont été notées sur deux cahiers différents (reconstitués partiellement par Nottebohm II), utilisés entre février et octobre 1809. Peu de temps après le concert du 22 décembre 1808, et donc sur sa lancée, Beethoven poursuivit le travail de recherche destiné à un nouveau concerto. L’état des esquisses (retrouvées et rassemblées) prouve que Beethoven ne s’est consacré aux deux derniers mouvements qu’une fois le premier mouvement prêt à être composé, c’est-à-dire au printemps 1809, au moment où la guerre menaçait à nouveau. Mais c’est plusieurs mois avant d’être pris par l’atmosphère guerrière, et d’être concerné directement par les bombardements qui ont accompagné le siège de Vienne, que Beethoven a pensé à ce nouveau Concerto pour piano, qu’il a commencé à composer exactement au moment où il espérait que l’aristocratie mélomane viennoise allait s’arranger pour le retenir à Vienne, et l’empêcher de s’établir à Cassel chez le roi de Westphalie. Son ami Ignaz von Gleichenstein, ainsi que Marie Erdödy, chez qui il logeait depuis la fin septembre 1808, réussirent à obtenir qu’une rente annuelle lui soit versée par le prince Kinsky, le prince Lobkowitz et l’archiduc Rodolphe (le contrat fut signé le 26 février 1809)

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Vol.2: Concerto pour violon

Ludwig van Beethoven, Concerto pour violon

  • Ludwig van Beethoven, Concerto pour violon en ré majeur Op.61

Composition : 1806 – Création : 1806

1806, après le retour du voyage en Silésie (retour qui eut lieu en fin octobre).

Beethoven aurait composé ce Concerto très rapidement pour le violoniste Franz Clement qui le joua en concert public le 23 décembre 1806. De fait, Beethoven ne mentionnait pas cette œuvre dans sa lettre du 18 novembre 1806 à Breitkopf & Härtel: il n’aurait donc-commencé à mettre son Concerto sur le papier que dans le troisième tiers de novembre 1806, à peine cinq semaines avant la représentation du 23 décembre 1806.

Si Beethoven n’acheva son Concerto que deux jours avant l’exécution publique, il se préoccupa de revoir et de réécrire largement la partie de violon solo au moment où, en 1807, il fut question de la publication de ce concerto (il semble que Beethoven) aurait été secondé par le violoniste et compositeur Franz Alexandre Pössinger pour adapter ce qu’il avait écrit aux possibilités du violon).

La première exécution eut lieu le 23 décembre 1806 au Theater an der Wien, avec le violoniste virtuose Franz Clement, également Konzertmeister de l’Orchestre du théâtre.

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Vol.III: Transcription

Ludwig van Beethoven, Transcription Concerto pour violon

  • Ludwig van Beethoven, Transcription pour piano, Concerto pour violon en ré majeur Op.61

Composition : 1806 – Création : 1807

La Wiener Zeitung du 10 août 1808 annonça la publication de la transcription pour piano (en même temps que celle de l’Op.58).

La partition fut publiée seulement en 1861 par Peters à Leipzig et Berlin.

Une transcription pour piano fut réalisée par Beethoven en 1807, à la demande de Clementi, pour l’édition de Londres. Elle fut dédiée à la femme de Stephan von Breuning, et publiée en même temps que la version originale pour violon, en août 1808. Le titre est en français:

“CONCERTO / pour le Pianoforte / avec accompagnement de grand Orchestre / arrangé d’après son 1er Concerto de Violon / et Dédié / à Madame de Breuning / née noble de Vering par / Louis van Beethoven / Œuvre 61. / N° 538 Prix 7 frs. / À VIENNE & PESTH / au Bureau des arts et d’industrie”

Beethoven ayant connu des difficultés financières au début de l’année 1807, on est tenté de croire que ce fut là ce qui le décida à satisfaire le vœu de Clementi. Il est en effet difficilement concevable que cette version pour piano ait eu une justification artistique: l’invention de la partie de soliste est tellement marquée, notamment dans le traitement mélodique et dans la prédilection accordée au registre aigu, par les données violonistiques et, en partie, par les aptitudes particulières du violoniste Franz Clement, qu’une transposition dans le registre sonore entièrement différent du piano ne peut être que relativement convaincante. Aussi le caractère “non original” de la partie de piano est-il en maints endroits nettement sensible. Dans la transposition, Beethoven a conservé sans changement les parties orchestrales, fait passer avec des modifications minimes la partie de violon à la main droite de la partie de piano et a composé une musique nouvelle pour la main gauche, restant cependant dans des limites très étroites, puisque les figures d’accompagnement traditionnelles et les transpositions à l’octave de la partie de violon constituent les éléments majeurs de son travail. Il n’y a que très peu de passages de l’arrangement où Beethoven ait utilisé les possibilités de virtuosité offertes par le piano, ainsi dans la cadence solo du premier mouvement, composée par Beethoven lui-même pour la version de piano et mettant en lumière la différence entre les parties pianistiques originales et non originales. Celte cadence présente aussi de l’intérêt du fait que Beethoven y fait intervenir la timbale en soliste, créant de la sorte un jeu spirituel avec le thème principal et la première mesure de celui-ci. Il se peut que le solo de piano accompagné de timbale dans la conclusion du finale du Cinquième Concerto pour piano, soit une réminiscence de cette cadence figurant dans l’arrangement pour piano du Concerto pour violon.

Ce Concerto combine des réminiscences de musiques qui ont fait partie de l’environnement sonore de Beethoven depuis son enfance, avec la mise en valeur d’un instrument dont il a joué à Bonn et pour lequel il adopte les exigences de l’école de violon issue de la Révolution française. Cette fois encore, cette combinaison est une sorte de «manifeste» pour une écriture moderne, à partir d’un matériau simple (un rythme et la sonorité du violon) et d’origine populaire (les allusions au Volkslied), dans un contexte de maîtrise instrumentale (la grande virtuosité voulue par Beethoven suppose un travail intense en amont): la tension se situe donc entre la simplicité originelle et le travail très complexe.

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Vol.IV: Triple concerto

Ludwig van Beethoven, Triple Concerto Op.56

  • Ludwig van Beethoven, Triple Concerto en ut majeur pour piano, violon, violoncelle et orchestre Op.56

Composition : 1803 – Création : 1808

Ce Triple Concerto de Beethoven n’est certainement pas encore fini, le 14 octobre 1803, quand Kaspar Karl le propose à Breitkopf & Härtel en même temps que la Symphonie Eroica (il s’agit peut-être d’un autre concerto du même genre). Ce Concerto est sans doute en voie d’achèvement quand Beethoven le propose le 26 août 1804 à Breitkopf & Härtel en même temps que la Symphonie Eroica et que les trois Sonates Op.53, Op.54, Op.57. Beethoven a dû achever une première version en mai 1804. Pourtant en mai 1805, Beethoven n’était pas en mesure d’envoyer une copie à l’éditeur, faute de copistes, prétendait-il.

Ce concerto de Beethoven fut créé pour la première fois à Vienne, en mai 1808 lors d’un concert donné dans les jardins de l’Augarten avec sans doute Marie Bigot au piano, Carl August Seidler au violon et Anton Kraft au violoncelle. Une première exécution privée avait eu lieu dans les salons du prince Lobkowitz à Vienne fin mai/début juin 1804, en même temps que l‘Eroica, avec Beethoven au piano, Anton Wranitzky au violon et Anton Kraft au violoncelle (l’un et l’autre étaient membres de l’orchestre du prince) – les deux œuvres furent jouées deux fois. Beethoven a confié une partie équivalente à chacun des trois solistes: aucun ne domine, et chacun a maintes occasions de déployer sa virtuosité. L’orchestre a également une place du même ordre. Cette conception de l’oeuvre, qui refuse hiérarchie et dépendance de l’un ou de l’autre des protagonistes, a des conséquences formelles: extension des expositions, raccourcissement du développement (étant donnée la difficulté d’avoir recours à l’éclatement et à la recombinaison des motifs), et répétitions, la spécificité de chacun des timbres étant une sorte de garantie contre la monotonie, tandis que l’opposition tutti/solistes permet de varier la densité du tissu sonore tout en établissant une référence implicite aux concertos de l’époque baroque (comme si Beethoven avait cherché à créer un nouveau genre concertant, héritier direct des musiques antérieures, “anciennes”).

Ce Triple Concerto de Beethoven fut composé en même temps que la Symphonie Eroica, (il fut exécuté en privé chez le prince Lobkowitz le même jour que la Symphonie, à la fin du printemps 1804). Ainsi, alors qu’il écrivait pour grand orchestre, Beethoven se préoccupait de maîtriser également l’écriture pour solistes et orchestre, ce qui impliquait une autre façon de traiter le matériau thématique, dans la mesure où il fallait tenir compte de la présence d’instrumentistes virtuoses. La composition de ce Triple Concerto, ce “konzertant Konzert”, s’inscrit dans une période au cours de laquelle Beethoven a cherché à donner une dimension concertante à des genres déjà existant. C’est-à-dire à assurer la participation équivalente des solistes et de l’orchestre (il n’y a plus d’accompagnement, mais jeu à l’écoute les uns des autres, avec reconnaissance et prise en compte de la virtuosité de chacun) – ce dont témoignent aussi bien la Sonate à Kreutzer Op.47, sonate “concertante” pour piano et violon composée en 1803, que les deux tentatives de concerto pour plusieurs instruments qui ont précédé ce Triple Concerto – Beethoven tenait, d’ailleurs, à ce que ce genre de “konzertant Konzert ” ne soit pas confondu avec le genre de la symphonie pour orchestre. Cette attention à la dimension “concertante” coïncide également avec la composition de son Oratorio et de son Opéra, genres qui reposent sur l’association d’un orchestre et de solistes qui chantent seuls ou avec un ou plusieurs autres partenaires. D’autre part, Beethoven était toujours à la recherche de solutions inédites qui pourraient être à l’origine d’un genre nouveau, à la fois héritier d’un passé récent et de synthèse des avancées techniques comme des progrès de la maîtrise instrumentale: ainsi Beethoven n’hésita pas à transformer la Sonate pour piano et violon en un genre concertant ou le Concerto pour un soliste en Concerto pour plusieurs solistes, s’inspirant tout en s’en démarquant de la Symphonie concertante de Mozart, et se préoccupant de rester fidèle aux caractéristiques du concerto que sont les cadences (les esquisses montrent que Beethoven s’est interrogé sur les cadences: “Cadenza fugata point d’orgue” note-t-il pour le troisième mouvement, ainsi que “Cadenza im Rondo coIIi stromenti di fiatto sempre sostendendo come una fantasia”!).

Ludwig van Beethoven, Compositeur

Ludwig van Beethoven

Ludwig van Beethoven

Période Classique

Né le 16 décembre 1770 à Bonn (Allemagne)

Décédé le 26 mars 1827 à Vienne (Autriche)

De Beethoven, même si nous ignorions tout de sa vie, mais si son œuvre entière nous était parvenue, nous la comprendrions, nous l’aimerions peut-être moins profondément, mais ces œuvres de Beethoven continueraient de nous apparaître comme celle d’un des plus grands musiciens. Inversement, si un cataclysme avait anéanti la totalité de l’œuvre musicale de Beethoven, mais si l’histoire de sa vie avait miraculeusement échappé à ce cataclysme, nous comprendrions et nous aimerions peut-être moins profondément son caractère, mais la vie de Beethoven continuerait de nous apparaître comme celle d’un des plus grands héros. Et, dans les deux cas, nous ne comprendrions pas, nous n’aimerions pas l’œuvre ou la vie dans une direction autre avec une signification autre. Car l’identité de Beethoven est tout entière dans l’une et dans l’autre. Telle est, sans doute, la constatation fondamentale dont il faut partir lorsqu’on veut essayer de donner une réponse à cette question: “Qui a été Beethoven?”, tant il est vrai que, chez Beethoven, la vie et l’art se confondent. Avec une intensité de conscience et de volonté proprement héroïques, Beethoven s’est appliqué à réaliser et à approfondir cette unité de tout lui-même, cette rigoureuse adéquation de l’homme et de l’artiste, de ses raisons de vivre et de son objectif dernier: la création musicale.

Ludwig van Beethoven Intégrale des concertos

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Concerto pour piano No1 en Ut majeur Op.15

  • Maurizio Pollini, Wiener Philharmoniker, Eugen Jochum

Concerto pour piano No2 en si bémol majeur Op.19

  • Daniel Barenboim, Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer

Concerto pour piano No3 en Ut mineur Op.37

  • Evgeny Kissin, London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

Concerto pour piano No4 en sol majeur Op.58

  • Krystian Zimerman, Wiener Philharmoniker, Leonard Bernstein

Concerto pour piano No5 L’Empereur en mi bémol majeur Op.58

Discographie comparée

  • Wilhelm Backhaus, Wiener Philharmoniker, Clemens Krauss
  • Arturo Benedetti Michelangeli, Wiener Symphoniker, Carlo Maria Giulini
  • Alfred Brendel, Wiener Philharmoniker, Sir Simon Rattle
  • Maurizio Pollini, Wiener Philharmoniker, Karl Böhm
  • Daniel Barenboïm, Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer

Transcription pour piano du concerto pour violon Op.61

Ludwig van Beethoven Transcription pour piano du Concerto pour violon en ré majeur Op.61

  • Pinchas Zukerman, English Chamber Orchestra, Daniel Barenboïm

Triple concerto en Ut majeur pour piano, violon, violoncelle

  • Sviatoslav Richter, David Oïstrakh, Mstislav Rostropovitch, Berliner Philharmoniker, Herbert von Karajan
  • Géza Anda, Pierre Fournier, Wolfgang Schneiderhan, Orchestre Philharmonique de la Radio de Berlin, Ferenc Fricsay
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  • Concerto pour piano No5 L’Empereur en mi bémol majeur op.73

Discographie comparée

  • Wilhelm Backhaus, Wiener Philharmoniker, Clemens Krauss
  • Arturo Benedetti Michelangeli, Wiener Symphoniker, Carlo Maria Giulini
  • Alfred Brendel, Wiener Philharmoniker, Sir Simon Rattle
  • Maurizio Pollini, Wiener Philharmoniker, Karl Böhm
  • Daniel Barenboïm, Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer
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Intégrales Concertos piano, Violon, Transcription

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Concerto pour piano No5 L’Empereur en mi bémol majeur Op.58

Discographie comparée

  • Wilhelm Backhaus, Wiener Philharmoniker, Clemens Krauss
  • Arturo Benedetti Michelangeli, Wiener Symphoniker, Carlo Maria Giulini
  • Alfred Brendel, Wiener Philharmoniker, Sir Simon Rattle
  • Maurizio Pollini, Wiener Philharmoniker, Karl Böhm
  • Daniel Barenboïm, Philharmonia Orchestra, Otto Klemperer

Transcription pour piano du concerto pour violon Op.61

Ludwig van Beethoven Transcription pour piano du Concerto pour violon en ré majeur Op.61

  • Pinchas Zukerman, English Chamber Orchestra, Daniel Barenboïm

Triple concerto en Ut majeur pour piano, violon, violoncelle

  • Sviatoslav Richter, David Oïstrakh, Mstislav Rostropovitch, Berliner Philharmoniker, Herbert von Karajan
  • Géza Anda, Pierre Fournier, Wolfgang Schneiderhan, Orchestre Philharmonique de la Radio de Berlin, Ferenc Fricsay

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